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lundi 14 juillet 2014

Le Bric Bouchet



Le Bric Bouchet



Une journée riche en rebondissements !

Dur le réveil ce matin du 13 juillet …. Il est 5h30 lorsque nous nous retrouvons autour de la table pour le petit déjeuner. En effet la météo s’annonçant bonne uniquement le matin, Jean Phi et Sylvain, nos deux guides de haute montagne, nous avaient donné rendez-vous à 7h30 dans le petit hameau de Valpreveyre au fin fond du Queyras. Dans ces conditions il fallait s’organiser assez tôt (le temps de se réveiller !). Dans le bus qui nous amène vers ce grand sommet, la plupart d’entre nous vont retrouver le sommeil ….

A 7h30, nous partons en apercevant déjà droit devant nous ce fameux Bric Bouchet. Les sacs sont chargés plus que d’habitude. Baudriers, casques, cordes remplissent les espaces vides. Les deux guides donnent un rythme inhabituel, le souffle est rapidement court. Ce matin nous marchons sous le soleil et nous savons tous que cette journée sera bien différente des autres de part la technicité de cette ascension. Avant il nous faut déjà atteindre le col du Bouchet ce qui doit représenter pas loin de 2h00 de marche. En route Jean Phi nous fera quelques topos sur les sommets  proches et nous montrera également des « pierres écrites », témoignages des bergers de l’époque qui communiquaient ainsi en pensant à leurs proches.

9h45 : nous atteignons bien difficilement le col du Bouchet, barrière frontalière entre la France et l’Italie. De nombreux bouquetins nous accueillent, le moment est magique. Nous redescendons nous abriter du vent un peu en contrebas du col, au niveau du minuscule refuge Nino Sardi. Les choses sérieuses commencent ! Devant nous se dresse le Bric. Il paraît insurmontable telle une forteresse imprenable. Nous nous équipons de casques, baudriers, mousquetons …Mais comment allons-nous pouvoir gravir ce sommet ? Rapidement la pente s’élève, abrupte ! Au bout de 10 minutes, nous nous arrêtons pour constituer les cordées. La voie normale italienne est là, sous nos pieds et les grosses difficultés sont pour maintenant. Jean Phi et Sylvain constituent deux cordées de 6 tandis que Christophe « embarquera » les adultes. Catherine, très volontaire malgré le vide qui nous entoure déjà, émet quelques doutes sur ses chances de gravir ce sommet. Qu’importe, encouragée par toute l’équipe, nous attaquons l’ascension. L’ambiance devient vite très aérienne. Des chaînes à demeurent sur les rochers, guident notre chemin mais servent également de main courante. Le rythme est très lent car les difficultés techniques sont nombreuses. Il faut faire de nombreuses  manipulations de cordes, assurer les grimpeurs. Les mains s’agrippent aux rochers, les pieds doivent être posés avec précision à la fois pour ne pas glisser mais aussi pour éviter les chutes de pierres. Les cordées avancent petit à petit. Celles des ados un peu plus rapidement que celle des adultes. Catherine n’est absolument pas rassurée. Elle prend sur elle mais rien n’y fait. Impressionnée par le vide, elle craque au deux tiers de la montée. Le moment est grave, il n’est plus question de continuer dans ces conditions d’autant plus que les difficultés sont encore nombreuses. Il faut s’organiser afin de pénaliser le moins de monde possible. La décision est prise de faire continuer les cordées des jeunes avec les guides, tandis que Yvan reprendra la place de Christophe qui fera demi-tour afin de redescendre Catherine. Le moment est difficile pour tous mais il faut savoir rester humble face à la montagne.

Venant d’Italie, des nuages épais viennent lécher la face est du Bric. Nous connaissons alors cet effet météorologique que l’on appelle la Nebbia. Du côté français, le temps est clair. Au loin, du côté italien nous distinguons parfois sous nos pieds une mer de nuages. Les sensations sont incroyables, vertigineuses. Le sommet du Bric s’annonce, mais il reste encore quelques passages à négocier. Les guides redoublent de conseils, encouragent. Dans le groupe le stress est palpable. A force de volonté, les trois cordées atteignent le sommet du Bric Bouchet vers 12h00. Le repas sera pris à la hâte à 2997 mètres d’altitude. Il manque 3 mètres à ce sommet pour faire parti des « 3000 » du Queyras mais qu’importe.

La montée a été difficile mais la descente le sera encore plus. Les passages sont très aériens. La Nebbia donnera encore plus d’ambiance « haute montagne » à l’événement. Dans les cordées certains craquent. Malheureusement il faut continuer, ne pas se relâcher, rester attentif. Le passage au « trou du curé » sera compliqué tout comme le cheminement sur l’arête nord de la voie normale française. Heureusement que nos guides sont là ! A 2900 mètres environ, Jean Phi et Sylvain jugeront le « désencordement » possible. Chacun retrouve alors un peu plus d’autonomie, de liberté mais attention : la descente est loin d’être terminée. Le sol devient fuyant, conséquence des névés fondus récemment. La pente est raide, les blocs de pierres se mélangent à la terre. Les dalles rendues glissantes par l’eau deviennent de nombreux pièges. Du bas, Catherine et Christophe, observe la descente quand soudain des cris envahissent les alentours. Louise M vient de chuter. Après une sacrée cabriole elle s’arrête. La situation est délicate. Jean Phi, en avant du groupe,  remonte vers Louise déjà « secourue » par Fred. L’ensemble de l’équipe se regroupe alors,plus bas. Personne ne sait si la situation est grave. L’ambiance est tendue mais Louise se relèvera avec seulement quelques égratignures. Très choquée, elle fera preuve d’une volonté sans faille pour rejoindre les autres en dessous.

15h00 : nous nous arrêtons dans les alpages car Catherine et Christophe n’ont pas encore mangé. Lucie C en profitera aussi pour les accompagner, n’ayant pas non plu mangé en haut du Bric avec tous les autres,  la faute à un stress important.

Quelle journée !

16h30, nous retrouvons les bus ! 1150 mètres de dénivelé viennent d’être avalés et pas moins de 18 kilomètres parcourus. Une journée difficile mais grandiose ! Une journée dont Lucie se souviendra longtemps, jour de ses 15 ans !







Ils ont dit : (Méline et Antoine)



Nous nous sommes levés tôt, nous avons déjeuné et nous sommes partis gravir le Bric Bouchet.

Nous avons eu 45 min de route pour enfin rejoindre les guides de haute montagne qui nous ont amenés difficilement en haut de ce sommet de 2997 m d’altitude et avec 1100 m de dénivelé.

Nous avons vu au col des bouquetins de très près.

La descente était quand même «  plus facile » que la montée malgré plus de chutes.

Nous sommes rentrés très fatigués et avons, quand même, regardé la première mi-temps de la coupe du monde et aussi fêté l’anniversaire de Lucie.





























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