Le Bric Bouchet
Une journée riche en rebondissements !
Dur le réveil ce matin du 13 juillet …. Il est 5h30 lorsque nous nous retrouvons
autour de la table pour le petit déjeuner. En effet la météo s’annonçant bonne
uniquement le matin, Jean Phi et Sylvain, nos deux guides de haute montagne,
nous avaient donné rendez-vous à 7h30
dans le petit hameau de Valpreveyre au fin fond du Queyras. Dans ces conditions
il fallait s’organiser assez tôt (le temps de se réveiller !). Dans le bus
qui nous amène vers ce grand sommet, la plupart d’entre nous vont retrouver le
sommeil ….
A 7h30,
nous partons en apercevant déjà droit devant nous ce fameux Bric Bouchet. Les
sacs sont chargés plus que d’habitude. Baudriers, casques, cordes remplissent
les espaces vides. Les deux guides donnent un rythme inhabituel, le souffle est
rapidement court. Ce matin nous marchons sous le soleil et nous savons tous que
cette journée sera bien différente des autres de part la technicité de cette
ascension. Avant il nous faut déjà atteindre le col du Bouchet ce qui doit
représenter pas loin de 2h00 de marche. En route Jean Phi nous fera quelques
topos sur les sommets proches et nous
montrera également des « pierres écrites », témoignages des bergers
de l’époque qui communiquaient ainsi en pensant à leurs proches.
9h45 : nous atteignons bien difficilement le col du
Bouchet, barrière frontalière entre la France et l’Italie. De nombreux bouquetins nous
accueillent, le moment est magique. Nous redescendons nous abriter du vent un
peu en contrebas du col, au niveau du minuscule refuge Nino Sardi. Les choses
sérieuses commencent ! Devant nous se dresse le Bric. Il paraît
insurmontable telle une forteresse imprenable. Nous nous équipons de casques,
baudriers, mousquetons …Mais comment allons-nous pouvoir gravir ce
sommet ? Rapidement la pente s’élève, abrupte ! Au bout de 10
minutes, nous nous arrêtons pour constituer les cordées. La voie normale
italienne est là, sous nos pieds et les grosses difficultés sont pour
maintenant. Jean Phi et Sylvain constituent deux cordées de 6 tandis que
Christophe « embarquera » les adultes. Catherine, très volontaire
malgré le vide qui nous entoure déjà, émet quelques doutes sur ses chances de
gravir ce sommet. Qu’importe, encouragée par toute l’équipe, nous attaquons
l’ascension. L’ambiance devient vite très aérienne. Des chaînes à demeurent sur
les rochers, guident notre chemin mais servent également de main courante. Le
rythme est très lent car les difficultés techniques sont nombreuses. Il faut
faire de nombreuses manipulations de
cordes, assurer les grimpeurs. Les mains s’agrippent aux rochers, les pieds
doivent être posés avec précision à la fois pour ne pas glisser mais aussi pour
éviter les chutes de pierres. Les cordées avancent petit à petit. Celles des
ados un peu plus rapidement que celle des adultes. Catherine n’est absolument
pas rassurée. Elle prend sur elle mais rien n’y fait. Impressionnée par le
vide, elle craque au deux tiers de la montée. Le moment est grave, il n’est
plus question de continuer dans ces conditions d’autant plus que les
difficultés sont encore nombreuses. Il faut s’organiser afin de pénaliser le
moins de monde possible. La décision est prise de faire continuer les cordées
des jeunes avec les guides, tandis que Yvan reprendra la place de Christophe
qui fera demi-tour afin de redescendre Catherine. Le moment est difficile pour
tous mais il faut savoir rester humble face à la montagne.
Venant d’Italie, des nuages épais viennent lécher la face
est du Bric. Nous connaissons alors cet effet météorologique que l’on appelle la Nebbia. Du côté français, le
temps est clair. Au loin, du côté italien nous distinguons parfois sous nos
pieds une mer de nuages. Les sensations sont incroyables, vertigineuses. Le
sommet du Bric s’annonce, mais il reste encore quelques passages à négocier.
Les guides redoublent de conseils, encouragent. Dans le groupe le stress est
palpable. A force de volonté, les trois cordées atteignent le sommet du Bric
Bouchet vers 12h00. Le
repas sera pris à la hâte à 2997
mètres d’altitude. Il manque 3 mètres à ce sommet pour
faire parti des « 3000 » du Queyras mais qu’importe.
La montée a été difficile mais la descente le sera encore
plus. Les passages sont très aériens. La Nebbia donnera encore plus d’ambiance
« haute montagne » à l’événement. Dans les cordées certains craquent.
Malheureusement il faut continuer, ne pas se relâcher, rester attentif. Le
passage au « trou du curé » sera compliqué tout comme le cheminement
sur l’arête nord de la voie normale française. Heureusement que nos guides sont
là ! A 2900 mètres
environ, Jean Phi et Sylvain jugeront le « désencordement » possible.
Chacun retrouve alors un peu plus d’autonomie, de liberté mais attention :
la descente est loin d’être terminée. Le sol devient fuyant, conséquence des
névés fondus récemment. La pente est raide, les blocs de pierres se mélangent à
la terre. Les dalles rendues glissantes par l’eau deviennent de nombreux
pièges. Du bas, Catherine et Christophe, observe la descente quand soudain des
cris envahissent les alentours. Louise M vient de chuter. Après une sacrée
cabriole elle s’arrête. La situation est délicate. Jean Phi, en avant du
groupe, remonte vers Louise déjà
« secourue » par Fred. L’ensemble de l’équipe se regroupe alors,plus bas. Personne
ne sait si la situation est grave. L’ambiance est tendue mais Louise se
relèvera avec seulement quelques égratignures. Très choquée, elle fera preuve
d’une volonté sans faille pour rejoindre les autres en dessous.
15h00 : nous nous arrêtons dans les alpages car
Catherine et Christophe n’ont pas encore mangé. Lucie C en profitera aussi pour
les accompagner, n’ayant pas non plu mangé en haut du Bric avec tous les
autres, la faute à un stress important.
Quelle journée !
16h30,
nous retrouvons les bus ! 1150 mètres de dénivelé viennent d’être avalés
et pas moins de 18
kilomètres parcourus. Une journée difficile mais
grandiose ! Une journée dont Lucie se souviendra longtemps, jour de ses 15
ans !
Ils ont dit : (Méline et Antoine)
Nous nous sommes levés tôt, nous avons déjeuné et nous
sommes partis gravir le Bric Bouchet.
Nous avons eu 45 min de route pour enfin rejoindre les
guides de haute montagne qui nous ont amenés difficilement en haut de ce
sommet de 2997 m
d’altitude et avec 1100 m
de dénivelé.
Nous avons vu au col des bouquetins de très près.
La descente était quand même « plus facile » que
la montée malgré plus de chutes.
Nous sommes rentrés très fatigués et avons, quand même,
regardé la première mi-temps de la coupe du monde et aussi fêté l’anniversaire
de Lucie.
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